Histoire de Toulon

Toulon est une des plus belles rades du monde.
Protégée des grandes houles par les îles d’Hyères et la presqu’île de Giens, divisée en grande et petite rade, la baie a accueilli les Phéniciens puis les Romains sous le nom de Telo Martius (de Telo : la déesse ligure des sources — ou du latin tolus : pied de colline — et Martius : dieu latin de la guerre).

Sous l’Empire Romain, Telo Martius devient alors l’une des deux teintureries impériales de pourpre, colorant naturel de couleur rouge servant à teindre les toges, grâce à l’exploitation des Murex et des cochenilles du chêne kermès, alors dominants dans la région.

Les évolutions d’un petit port du Moyen Âge

La ville est connue sous les noms de Telo, puis Tholon, Tolon et Touloun et sert de point de relâche aux bateaux de commerce.
Évêché dès 541, souvent pillée par les pirates sarrasins (1178, puis en 1196).
La ville médiévale est successivement passée de la domination des vicomtes de Marseille à celle des comtes de Provence.
Rattachée à la Couronne de France avec le comté de Provence en 1481, la ville comptait alors 250 maisons.

Du XVIe siècle à nos jours : cinq siècles de vie militaire

Toulon fait l’objet de tous les soins de François Ier, d’Henri IV, du cardinal de Richelieu et de Louis XIV.
À partir de Charles VIII, fondateur de l’arsenal, Valois et Capétiens s’acharnent à faire de la place le premier port du Levant pour la guerre.

Louis XII fait élever la première fortification de la place : la Grosse Tour de 1513, dite Tour Royale. Mais en 1524 Charles Quint s’empare de Toulon.
En 1530, les Barbaresques saccagent le port. En 1534, François Ier fait ériger le fort des Vignettes (actuel fort Saint-Louis), sur le littoral du Mourillon.

De Richelieu à Louis XIV : une politique royale décisive

Lorsque les rois de France décident de se doter d’une marine permanente, Toulon est avec Brest l’un des rares ports ayant une profondeur suffisante pour accueillir les gros vaisseaux de ligne.
Henri IV, à qui le port a été très fidèle lors des troubles de la Ligue, crée véritablement le port militaire, englobant dans une muraille bastionnée (dès 1594) la ville et ses huit faubourgs.
L’arsenal est aménagé, de même que des chantiers de construction navale et la vieille darse d’une superficie de 15 ha.

Sous Louis XIII, Richelieu fait élever la tour Balaguier dès 1634.
Sous l’impulsion de Colbert et de Louis XIV, le port se développe, ceux-ci décidant de donner une grande flotte de guerre au pays.
En 1677, le grand incendie, au départ d’une boulangerie du port, détruit une partie de Toulon.
En 1679, Vauban commence à Toulon la construction de la nouvelle darse (20 ha), réservée à la marine royale qui abandonne au commerce et à la pêche la vieille darse Henri IV.

L’enceinte bastionnée est prolongée, deux nouveaux forts sont édifiés dont celui de l’Aiguillette, des cales de radoub sont construites, des batteries érigées pour faire face à toute descente ennemie.
Avec sa corderie et sa place d’armes, le Toulon colbertien devient le principal port de guerre du royaume.
Avec la guerre de Succession d’Espagne (1702-1713), les difficultés se multiplient.

Gibraltar étant conquise par les Anglais, l’amiral de France comte de Toulouse arrive à Toulon pour empêcher la Méditerranée de devenir un lac anglais.
Il y arme une grosse flotte qui combat à Vélez-Malaga, mais Gibraltar reste anglais. Convergent alors vers Toulon les troupes du duc de Savoie Victor-Amédée II et du prince Eugène : ils assiègent Toulon par le nord (29 juillet-21 août 1707) alors que la flotte anglo-hollandaise bloque le port par le sud. La marine royale, le maréchal de Tessé (général des galères), le comte de Grignan (gouverneur de Provence, gendre de Madame de Sévigné), organisent la résistance. La ville est finalement sauvée, mais la flotte a été sabordée par précaution.

Du XVIIIe siècle à 1945 : la confirmation de la vocation navale

Après les ravages de l’hiver 1709 qui voit les oliviers geler en Provence, la peste frappe Toulon en 1720-1721, en même temps que Marseille qui perd 15 783 habitants sur les 25 000 à 30 000 habitants de la ville.
En 1748, la suppression du corps des galères fait arriver 2 000 forçats à Toulon.
La période révolutionnaire est très difficile pour Toulon.

En 1793, c’est l’exécution de Louis XVI et la guerre contre une coalition de plusieurs états, dont l’Angleterre, qui veulent empêcher la convention d’exporter la révolution.
La municipalité de Toulon est contre-révolutionnaire et appelle les Anglais, l’escadre est désorganisée par la fuite des officiers et l’agitation en ville.
Le 29 août, les Anglais prennent place dans le port et neutralisent l’escadre républicaine.
La contre-attaque révolutionnaire permet à Bonaparte de commencer à Toulon sa carrière militaire : le 19 décembre, les Anglais sont chassés, mais ils ont eu le temps d’incendier une partie des vaisseaux et le stock de bois de construction. Toulon, sévèrement châtiée par la Convention, est rebaptisée Port-la-Montagne pour être restée fidèle au roi comme au temps de la Ligue et de la Fronde.

En 1830, l’expédition d’Alger, état autonome de l’empire ottoman capturé en 1516, part de Toulon, comme les escadres de Napoléon III en 1853 pour la guerre de Crimée.
Durant le XIXe siècle, Toulon accueille une importante immigration italienne liée au développement industriel et naval, ainsi que de nombreux Corses.
Les permutations de la Marine nationale avec l’arsenal de Brest créent aussi une communauté bretonne.
Toulon joue ensuite un rôle majeur pendant les deux conflits mondiaux.
Base des forces navales alliées en Méditerranée (1914-1918).

Son escadre participe au blocus des côtes autrichiennes et turques, à la malheureuse expédition des Dardanelles (1915), et stationne en Crimée en 1919 pour tenter d’endiguer la révolution bolchevique.
Dans les années 1920-1930, l’active politique du ministre de la marine Georges Leygues permet de repeupler la rade avec des bâtiments neufs pour assurer les liaisons avec l’empire colonial et faire face à l’Italie fasciste.
L’invasion de la France, en 1940, amène le régime de Vichy à neutraliser la flotte qui doit rester confinée dans la rade.

Mais Toulon est surtout, au cours de la Seconde Guerre mondiale, le théâtre du tragique sabordage de la flotte (27 novembre 1942) après l’invasion de la zone libre par les Allemands et le refus des amiraux de rejoindre les anglo-américains en Afrique du nord.
La ville, occupée conjointement par les troupes allemandes et italiennes (ces dernières, jusqu’en octobre 1943) est donc régulièrement bombardée par l’aviation alliée et subit de gros dommages.
Le 28 août 1944, après le débarquement de Provence, elle est libérée par les armées françaises du général De Lattre, composées en grande partie de troupes coloniales.

De 1945 à nos jours : crise urbaine et poursuite de la vocation navale

Après la guerre, l’activité militaire ne faiblit pas : Toulon joue un rôle essentiel dans la logistique du corps expéditionnaire envoyé en Indochine(1946-1954) puis dans les mouvements de troupe et de matériel vers l’Algérie ou lors de l’expédition de Suez (1956).
C’est dans les années 1950, qu’un quartier mal famé situé au bas de la vieille ville, lieu privilégié des sorties nocturnes des permissionnaires, tenu par le crime organisé, fut surnommé le « Petit Chicago », il contribua longtemps à asseoir la mauvaise réputation de la ville.

Ce n’est qu’en 1962, avec la fin de la guerre d’Algérie, que prend fin pour Toulon une période d’intense activité militaire commencée en 1939.
À la fin de la Guerre d’Algérie, l’afflux des Pieds-noirs chassés de chez eux nécessite la construction rapide de nouveaux logements : autour de la vieille ville qui se dégrade, s’élèvent alors de nouveaux quartiers de logements collectifs.
À partir des années 1970 Toulon doit faire face à divers problèmes, un taux de chômage élevé, un développement de la délinquance notamment dans le centre-ville en plein délabrement, une saturation du trafic routier lié à la mauvaise politique des transports de l’agglomération et à une gestion affairiste de la ville.

En ce début de XXIe siècle, Toulon cherche à améliorer son image et à s’affirmer comme une véritable métropole régionale, à travers une revalorisation de son centre ancien, une amélioration des infrastructures de communication, et un développement économique.
En 1974, Toulon est redevenu préfecture du Var, à la place de Draguignan, et préfecture maritime.
Source

Histoire du Cap Brun et du Petit Bois

Nous remercions très sincèrement Evelyne Maushart, qui a rédigé pour nous cet article sur l’histoire de notre quartier.

Les passionnés d’histoire, et plus particulièrement de l’histoire locale, trouveront certainement leur bonheur dans la riche collection de cette auteure, originaire de Toulon.

Pour en savoir davantage, nous vous engageons à consulter sa bibliographie à l’adresse suivante : http://evelyne-maushart.e-monsite.com/

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Quartier du Cap Brun et du Petit Bois

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